Récit d’une délivrance, raconté par Maurice Ray
Madame B, à la suite de circonstances dramatiques, a été amenée à réfléchir au sens de sa vie. Son passé l’accompagnait en accusateur, au point qu’une nuit, dans un face à face décisif avec Christ, elle confessa dans une vraie repentance sa longue désobéissance et cria au pardon. Cette même nuit, elle connut une véritable visitation du Saint-Esprit, accompagnée d’un phénomène pour elle bouleversant et inattendu: littéralement, elle vit sortir d’elle plusieurs démons.
Dès lors, sa vie prend un cours tout nouveau. Réponse à sa souffrance de solitaire, elle a trouvé sa place dans une église confessante, c’est-à-dire portant grand intérêt à la vie communautaire. Or, sans raison valable, Madame B s’y révèle peu à peu une personne difficile, dont le comportement est constamment perturbateur de la paix des autres et des liens fraternels communément établis dans une église de ce genre. Pleins de charité, les responsables patientent, puis finissent par ranger cette difficulté sous l’étiquette « passe-partout »: mauvais caractère.
Les choses s’aggravant, pasteurs et anciens s’en ouvrent à moi. Au cours d’un partage en présence de Madame B, nous examinons les raisons possibles de cet échec à la fraternité. A la fin de l’entretien, une seule chose est retenue, qui n’est du reste pas convaincant pour tous : Madame B, avant sa rencontre avec le Christ, a milité dans cette hérésie qu’est la Science chrétienne. Pour ma part, je discerne dans ce fait du passé un facteur de désordre. N’est-il pas écrit que dans les derniers jours, il y aurait des esprits séducteurs et des doctrines de démons ? (1 Tim. 4.11)
Faute du temps nécessaire à un acte de repentance et à la prière qui doit l’accompagner, nous convenons d’une nouvelle rencontre entre Madame B et moi-même. Nous la fixons dans une église de campagne, pour la simple raison qu’elle est à mi-distance de nos deux résidences, et qu’en un après midi de semaine, nous n’y serons pas dérangés. Nous sommes en pays protestant!
C’est bien ainsi que les choses se passèrent, fort heureusement pour nous! Car à l’instant où, agenouillée dans le choeur de cette église, Madame B confessait son égarement dans la Science chrétienne et, au nom du Christ, refusait les conséquences de ce faux enseignement et de ses pratiques, soudain elle ne fut plus elle-même. Un bouillonnement de propos d’une rare violence sortirent de sa bouche. Tout son être fut saisi comme si quelqu’un la tenait à bras le corps et la secouait. Tandis que retentissaient de hauts cris, elle fut comme projetée en l’air. Ses cheveux se défirent et sa robe se retroussa comme si quelqu’un avait voulu la lui ôter. Madame B retomba inanimée, mais sans se faire aucun mal, sur la dalle de pierre froide.
Deux paroles me vinrent immédiatement à l’esprit! L’apôtre Paul parle de ceux qui, au temps de l’Antichrist, seraient habités par « une énergie d’erreur » (2 Thess. 2.11) (elle est capable de projeter une personne en l’air !) et Marc nous cite une délivrance au cours de laquelle le démon sortit d’un enfant en l’agitant avec violence et en poussant des cris (Marc 9.26).
Je louai Dieu pour sa victoire, priai pour Madame B qui revint à elle, étonnée (on le serait à moins) de ce qui s’était passé. Je le lui ai raconté brièvement. Délivrée, elle a aujourd’hui pleinement sa place dans son église et n’y est plus du tout un élément perturbateur…
Récit tiré du livre: Echec à l’oppresseur, par Maurice Ray
Avec l’aimable autorisation des éditions Ligue pour la lecture de la Bible
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