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Christophe Chauchet | Dyslexique, dysphasique, dyspraxique : peut-on s’en sortir ?
   
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Mis en ligne le : 20/10/2017
Dyslexique, dysphasique, dyspraxique : peut-on s’en sortir ?

Je suis dyslexique, dysorthographique, dysphasique et dysgraphique. Je suis le dernier d’une fratrie de trois garçons. Sur le plan médical, je suis tombé très tôt malade. Je faisais de nombreuses otites dans ma jeune enfance et à l’âge de cinq ou six mois, j’ai été opéré pour une mastoïdite bilatérale.

Mes parents se sont rendu compte de mes difficultés de  langage et de la grande fatigue qu’occasionnaient mes tentatives d’expression orale et surtout de ma maladresse. J’étais difficilement compréhensible, même par  ma famille et je me vexais très facilement face à l’incompréhension de mes proches. C’est  une  source de frustrations et de colères.  Parallèlement à mes difficultés de langage, mon entourage a noté que j’étais malhabile et aussi très fatigable physiquement. Quand je prends un objet, je le laisse tomber sans le vouloir…

Mes parents m’ont sûrement expliqué pourquoi, je ne l’ai pas retenu, ni compris…

Les galères ont commencé à l’école

Les vraies galères ont commencé quand j’ai commencé ma scolarité. J’avais un graphisme de mauvaise qualité.

J’écrivais en miroir, et de droite à gauche, ce qui était logique pour moi, en tant que gaucher. Mes enseignants avaient le sentiment que je ne travaillais pas et que je le faisais exprès.

Durant ma scolarité, j’ai eu droit à des réflexions : « Tu es nul, tu n’arriveras à rien ! Tiens encore un zéro ! Heureusement que je me suis arrêté à zéro sinon tu aurais moins 30, tu ne fais aucun effort… ». « Reste au fond à côté du radiateur » ou encore  « Rendors-toi, je te réveillerai à la fin du cours », lorsque je voulais intervenir à l’oral. J’ai fini par appliquer cette dernière recommandation au pied de la lettre ! Et j’ai baissé les bras.

J’ai dû avoir aussi des encouragements mais je dois avoir une mémoire sélective. A la maison, la réalisation des devoirs était une galère. Je me faisais réprimander, ce qui finissait par me bloquer. C’était un véritable cercle vicieux. Les devoirs ressemblaient plus à un combat, à une épreuve de force. Je traînais les pieds pour les faire et je trouvais toujours une excuse pour ne pas les faire. J’avais  peur de me faire réprimander et de me tromper.

J’avais l’impression d’apprendre une langue étrangère, je ne comprenais rien. Les mots n’avaient aucun sens, – vraie salade composée – ils n’avaient pas de saveur, ni de contenu. On aurait pu me parler en chinois, j’aurais ressenti la même chose.

J’ai cessé les séances d’orthophonie en fin de CM2. Quel soulagement ! Car j’en avais vraiment assez et je ne pouvais plus les voir même en peinture. J’étais atteint d’une « orthophonite aiguë » !

Mes études professionnelles permettent de me révéler

Durant ma scolarité, mes parents ont effectué différentes recherches en vue de mon orientation scolaire et professionnelle, conscients de mes difficultés et de mon manque de motivation. Ils ont éliminé de leur champ de recherches, les filières manuelles.

J’ai retenu leur proposition de faire un BEP en comptabilité, en deux ans, car je ne me défends pas trop mal en mathématiques. Lors de la première année, malgré une classe très chargée, je me sentais plus à ma place et moins en échecs, je commençais enfin à respirer. Les enseignants sont plus attentifs et même si je découvre un nouvel univers, je sais enfin où je vais, avec un métier à la clef. Je maîtrise bien les matières suivantes : les mathématiques, la comptabilité, l’informatique. Mes points faibles restent : le français, l’anglais et la dactylographie. Dans cette dernière matière, je suis gêné lors de la frappe au clavier : je commets plus de fautes et je suis plus lent que les autres.

Une rencontre qui change tout

Cette année-là, mes parents me proposent d’aller faire un bilan d’orthophonie. J’y vais pour leur faire plaisir mais sans grande conviction. Mais surprise ! Je rencontre une orthophoniste attentive qui prend le temps de faire un bilan complet et de m’expliquer mes résultats. Elle m’expose mes difficultés, mais aussi mes points forts. Elle a su alors dédramatiser la situation et surtout me rassurer. Elle a eu une phrase qui m’a marqué : « tu es intelligent et tu vas réussir ». Enfin une projection positive qui m’a permis de bien progresser. Elle m’a aussi enfin donné le diagnostic : je suis dysphasique : « trouble sévère du langage affectant la représentation mentale, orale et graphique »

Ce fut pour moi, le déclic, je sais enfin quel est mon mal. Je peux mettre des mots dessus, cela m’a rassuré et a tout changé. Ma construction personnelle, à tous points de vue, a réellement commencé à partir de cette date.

En deuxième année, j’ai pris confiance en moi et je veux prendre ma revanche sur tous ceux qui ne m’ont pas fait confiance et m’ont rabaissé. J’étais hanté par la phrase entendue lors de mon redoublement de CM2 : « Votre fils n’arrivera pas à suivre une scolarité normale, il faut l’orienter vers une classe spécialisée». Je voulais réussir pour le faire mentir, ainsi  que tous ceux qui avaient pu me dire : « tu n’y arriveras jamais ! ». J’avais « la haine » et je voulais pouvoir leur « mettre sous le nez » mes diplômes. Je passe le BAFA. C’est ma première réussite, qui me permet de rompre enfin la spirale de l’échec.

Lors de la rentrée scolaire suivante, J’intègre enfin la première année du baccalauréat professionnel en comptabilité. J’ai travaillé dur pour réussir, car je ne voulais et ne devais pas perdre cette dernière chance. Je voulais réussir pour ne pas me décevoir, j’en avais fait une question d’orgueil et de revanche personnelle. Je l’ai réussi, moins brillamment que mon BEP, avec une moyenne de 12 sur 20 en note finale.

Enfin un vrai travail

Je me suis mis à la recherche d’un emploi avec beaucoup de difficultés. Cette période, douloureuse pour tout un chacun, l’a été tout particulièrement pour moi. En effet, je me suis à nouveau retrouvé confronté à mes démons : l’angoisse de la page blanche à remplir au risque de faire des fautes de syntaxe et d’orthographe, l’angoisse des entretiens d’embauche durant lesquels je perds tous mes moyens, etc…

Les doutes m’assaillent et mes démarches sont chaque jour plus difficiles, d’autant plus que je refuse de reconnaître mes difficultés. Pourtant je décrochais quelques petits contrats. A ma demande, je réalise un bilan complet auprès du Centre de Références des troubles des apprentissages. Ce bilan confirme effectivement l’existence de difficultés persistantes. Je décide de reprendre un suivi orthophonique et mon seul objectif étant de progresser, sans me mettre de pression d’aucune sorte. Lors des deux années, j’ai effectivement progressé sur le plan de l’oral et de l’écrire.

Sur le plan professionnel, Je passais de mission d’intérim en CDD. Malgré une insécurité professionnelle, cela m’a permis d’acquérir de l’expérience et de devoir m’adapter rapidement à des postes et situations nouveaux. Aujourd’hui, je travaille dans l’administration publique au sein du ministère de l’écologie et du développement durable.

L’amour de ma famille et le soutien de professionnels

J’ai essayé de comprendre pourquoi j’ai eu des réussites dans ma vie malgré les obstacles. Il y a eu des gens qui m’ont aidé mais  pas seulement. Je pense qu’il y a une part qui me revient.

Je crois que mes parents ont essayé de m’aider du mieux qu’ils pouvaient avec leurs moyens et les informations dont ils disposaient à l’époque, avec des moments de tensions et d’incompréhension de part et d’autre, mais je pense que dans de nombreuses familles, il y a des moments plus difficiles que d’autres, le tout c’est de  les surmonter. Mes parents ont toujours été là pour aider et me soutenir malgré les conneries que j’ai pu faire. Comme toute personne, j’ai fait des conneries mais certaines n’étaient pas piquées des vers. Je sais que j’ai pu leur causer beaucoup de soucis, surtout pour mon avenir. La perfection n’est pas de ce monde. Il y a eu aussi des enseignants qui ont essayé de m’aider et également les orthophonistes.

Je crois que si j’ai réussi, c’est aussi parce j’ai une volonté féroce, une rage de réussir. Face aux phrases assassines et aux moqueries, il y a cette volonté de prouver que je suis capable. Je me dis que ce n’est pas une fatalité. C’est une manière de leur dire : « tu me prends pour un idiot, certes, j’ai des difficultés, je ne suis pas brillant mais regarde, ce que j’ai fait. ». Et quand on me dit que c’est  impossible, que je n’y arriverai pas. Par esprit de contradiction, j’essaye. Je ne dis rien mais je prends le temps de rassembler mes forces, je prends le temps de le faire et je le fais. Et quand je réussis, tout à d’abord, je suis fier de moi et ensuite, je vais les voire pour leur montrer.

Une aide : ma foi en Jésus Christ

Ce qui m’a aidé et qui m’accompagne encore et ce qui donne du sens à ma vie aujourd’hui c’est la foi en Dieu qui m’anime chaque jour.

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Mots Clés : Maladie souffrance difficultés rencontre amour paix Jésus
   
 
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